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Loyaliste |
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| Son père, Thomas Ingersoll, combattit du
côté des rebelles, pendant la guerre
d'indépendance, puis émigra dans le Haut-Canada en 1795. En 1797, elle épouse James Secord |
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Guerre de 1812 |
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| En 1812, au début de la guerre, James est sergent
dans le 1er régiment de la<milice de Lincoln. Il
est blessé à Queenston Heights et secouru sur
le champ de bataille par sa femme. En 1813, elle surprend une conversion américaine et informe après un long L’été suivant, alors qu’aucun des deux adversaires ne possédait le contrôle de la péninsule du Niagara, Laura, le 21 juin 1813, apprit, probablement en écoutant la conversation de quelques officiers américains qui dînaient chez elle, que les Américains avaient l’intention de prendre par surprise l’avant-poste anglais de Beaver Dams et d’y capturer l’officier en charge, le lieutenant James FitzGibbon. Il était impérieux d’avertir l’officier anglais et, vu l’incapacité de James, son épouse, Laura, résolut d’aller porter elle-même le message, tôt le lendemain matin. L’avant-poste se trouvait à une distance de 12 milles en ligne directe, mais comme Laura craignait de rencontrer des soldats américains, elle choisit de faire un détour. Elle se rendit d’abord à St Davids où sa nièce, Elizabeth Secord, la rejoignit, puis à Shipman’s Corners (St Catharines). Elizabeth se fatigua rapidement et Laura dut continuer seule, incertaine du chemin, mais en suivant la direction du ruisseau Twelve Mile à travers champs et bois. Ce soir-là, après avoir traversé le ruisseau sur un tronc d’arbre, Laura arriva à un campement indien. Effrayée, elle expliqua sa mission au chef qui la conduisit à FitzGibbon. Deux jours plus tard, le 24 juin 1813, la troupe d’Américains, commandée par le colonel Charles Boerstler, tombait dans une embuscade dressée près de Beaver Dams par quelque 400 Indiens sous la conduite de Dominique Ducharme* et de William Johnson Kerr*. FitzGibbon persuada alors Boerstler de se rendre avec ses 462 hommes, alors que lui n’en avait que 50. Dans les rapports officiels, aucune mention n’est faite de Laura Secord. |
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| Les Secord vécurent dans la pauvreté durant les années d’après-guerre, jusqu’en 1828, alors que James, qui bénéficiait d’une petite pension à cause de ses blessures de guerre, fut d’abord nommé greffier, puis juge (en 1833) du tribunal des successions et tutelles de Niagara. En 1835, il devint percepteur de douanes à Chippawa. Il mourut en 1841, laissant Laura sans aide financière. Elle tint quelque temps une école pour enfants dans sa petite maison de Chippawa. Les pétitions qu’elle adressa au gouvernement en vue d’obtenir une pension ou autre faveur restèrent sans réponse. Laura Secord dut atteindre l’âge de 85 ans avant que le public reconnaisse son geste héroïque. Durant sa visite au Canada en 1860, le prince de Galles (le futur Édouard VII) fut mis au courant de la marche de 20 milles de Laura. Elle avait préparé pour lui un mémoire décrivant ses services durant la guerre ; elle avait aussi apposé sa signature à l’adresse que les vétérans de la guerre de 1812 présentèrent au prince. Après son retour en Angleterre, Édouard envoya à Laura Secord une récompense de £100. Elle mourut en 1868, à l’âge de 93 ans, et fut ensevelie à côté de son mari dans le cimetière Drummond Hill, à Niagara Falls. C’est à partir de 1860 que Laura Secord devint célèbre, dans l’histoire, la poésie et le théâtre. Les légendes se multiplièrent ; la plus populaire fut celle qui racontait qu’elle avait emmené une vache au cours de sa marche, afin de tromper l’ennemi, et qu’elle l’avait traite en présence des sentinelles américaines avant de l’abandonner dans les bois et de continuer sa route. En réalité, Laura ne fit jamais mention d’une vache et il est peu probable qu’elle ait rencontré une sentinelle américaine. William F. Coffin* inventa apparemment l’épisode pour son livre intitulé 1812, the war and its moral (1864). D’après une autre histoire, Laura aurait marché pieds nus à travers les bois toute la nuit. Pourtant, elle-même mentionne qu’elle était « partie de bonne heure le matin », et, quoiqu’elle ait pu perdre une chaussure dans les bois ou les champs, elle était beaucoup trop sensée pour être partie nu-pieds. Sa renommée s’étendit à tel point qu’on érigea deux monuments en son honneur, l’un à Lundy’s Lane en 1901 et l’autre à Queenston Heights en 1910. On suspendit son portrait dans le parlement de Toronto et on établit un hall commémoratif à la Laura Secord School à Queenston. Quelques historiens du xxe siècle ont cependant mis en doute son rôle dans l’histoire. Par exemple, W. Stewart Wallace* dans The story of Laura Secord : a study in historical evidence (1932) conclut à partir des documents disponibles que Laura Secord avait porté de toute évidence un message à FitzGibbon, probablement le 23 juin, mais qu’elle était arrivée trop tard pour que ses renseignements aient quelque valeur. Comme le mentionnait le lieutenant FitzGibbon dans son compte rendu de la bataille de Beaver Dams : « Chez [John] De Cou, vers sept heures ce matin, j’ai appris que [...] l’ennemi [...] avançait vers moi. » On prétendit que cette nouvelle, apportée par des éclaireurs indiens, fut le premier avertissement reçu par FitzGibbon. Wallace cita aussi une attestation écrite par FitzGibbon en 1837, témoignant que Laura Secord l’avait prévenu que les Américains projetaient une attaque ; malheureusement FitzGibbon ne mentionnait aucune date précise et avait écrit « de mémoire et dans un moment de grande hâte ». L’énigme de la chronologie et du rôle joué par Laura dans les événements fut résolue par la découverte de deux témoignages antérieurs, écrits tous les deux par FitzGibbon en 1820 et 1827 dans le but d’appuyer les pétitions que les Secord avaient adressées au gouvernement. Dans l’attestation de 1827, FitzGibbon mentionnait que Laura Secord s’était présentée à lui « le 22e jour de juin 1813 », et, qu’ « à la suite de cet avertissement », il avait placé les Indiens dans une position où ils pouvaient intercepter les Américains. Il prouvait ainsi que l’avertissement de Laura avait vraiment rendu possible la victoire de Beaver Dams. Ce fut une victoire importante, et, pour le rôle qu’elle y joua, Laura Secord fut reconnue à juste titre comme l’héroïne de la guerre de 1812. Laura Secord illustre bien le type de la femme-pionnier par son courage, sa résistance et sa persévérance dans l’adversité. FitzGibbon garda d’elle le souvenir d’une femme à la « silhouette mince et d’une apparence délicate » mais, en fait, elle possédait une volonté à toute épreuve. |
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