par ltc taplett

Guerre de 1812

ou
seconde Guerre d'Indépendance
Prémice 1812 1813 1814 1815 Conclusion

Introduction

Engagés dans une guerre à outrance avec Napoléon, la Grande-Bretagne avait besoin de marins. Elle eut donc recours à la "presse", ou enrôlement forcé de marins américains, qui fut un important point de contentieux entre les 2 pays. Entre 1806 et 1812 près de 6000 marins furent ainsi "enrôlés" dans la Royal Navy.

Dans cette même logique les Britanniques ne pouvaient autoriser l'Amérique à aider leur ennemi, quand bien même leur statut de pays neutre le leur autorisait. De plus, une large partie de l'opinion publique, relayée par le gouvernement, pensait que l'Amérique était une menace à leur suprématie maritime et commerciale. Les restrictions alors imposées aux Américains (arraisonnement des navires marchands entre autres) par la Couronne furent tout simplement jugées autant inacceptables qu'illégales. Si certains marchands de Nouvelle-Angleterre parvinrent à amasser des fortunes, les fermiers du Sud et de l'Ouest qui comptaient sur l'exportation pour écouler leur production souffraient grandement de la situation. Issus de ces Etats, les "War Hawks" (faucons de guerre) firent leur apparition sur  la scène politique en 1811. Menés par Henry Clay (du Kentucky) et John C. Calhoun (de Caroline du Sud), ils se firent les chantres des la guerre contre la Grande-Bretagne. A ces raisons officielles, auxquelles s'ajoutait l'armement des tribus indiennes de la zone Ohio-Indiana-Michigan par les Britanniques, ce qui empêchait le développement des colonies. Plus officieusement la volonté des War Hawks de chasser définitivement les Britanniques d'Amérique du Nord et les Espagnols de Floride ne manqua pas d'influer sur le débat.

Le 1er juin 1812 Madison prononça un discours au Congrès dans lequel il récapitule la liste des griefs que l'Amérique a à l'encontre de la Grande-Bretagne, sans pour autant expressément demander que la guerre soit déclarée. Celle-ci fut cependant rapidement votée par la Chambre des Représentants, suivie par le Sénat. Elle fut ratifiée par Madison le 18 juin, entérinant ainsi la première déclaration de guerre des Etats-Unis contre une autre nation. Présentée comme une "seconde guerre d'indépendance" par les War Hawks, elle sera qualifiée de "guerre de M. Madison" par les Fédéralistes dont aucun des représentants n'avait voté pour sa déclaration.

L'armée régulière est renforcée, certains navires sont rénovés (USS Adams, Chesapeake et Constellation) .

Même si certains historiens canadiens propagèrent le mythe au début du XXe siècle, il semble que l'Amérque n'ait jamais réellement voulu envahir ce pays. Madison

et ses conseillers pensaient que sa conquête serait des plus faciles et un bon moyen de coercition vis-à-vis des Britanniques en coupant le ravitaillement de leurs possessions aux Caraïbes, sans parler d'une excellente monnaie d'échange. Ainsi, l'annexion du Canada n'était pas le but de la guerre, mais un des moyens de la mener.

Bataille de Tippecanoe (7 novembre 1811)

Cette bataille fait partie de ce que l'on appelle communément "la guerre de Tecumseh" (révolte indienne menée par le Shawnee Tecumseh contre les colons américains), guerre souvent intégrée avec celle de 1812 durant laquelle elle se poursuivra.

L'armée du gouverneur William Henry Harrison pénètre en territoire indien durant l'absence de Tecumseh. Elle part du fort Vincennes, construit le fort Harrison (près de Terre Haute) et remonte vers Fort Wayne dans le but de rallier davantage de tribus à ses côtés et d'intimider "Le Prophète" (Tenskwatawa, frère de Tecumseh), à l'initiative d'un renouveau religieux anti-blancs. Elle approche de Prophetstown (Indiana) le 6 novembre. Un émissaire au drapeau blanc propose à Harrison de parlementer le lendemain. Méfiant, ce dernier maintient la garde de nuit. Peu avant l'aube, les sentinelles repèrent les premiers guerriers. Réveillés par les coups de feu, les 1000 réguliers et militiens s'aperçoivent qu'ils sont encerclés. Les volontaires se regroupent rapidement et repoussent plusieurs charges durant la matinée avant que les Indiens ne s'enfuient.

Harrison perd 68 tués et 120 blessés, les Indiens une cinquantaine de tués et 60 à 70 blessés (sur 600). Harrison fait fortifier les positions par crainte de l'arrivée imminente de Tecumseh avec des renforts. Le lendemain, il envoie une patrouille inspecter la ville qu'il trouve déserte. Il la brûle et s'en va.

En définitive cette bataille fut un sérieux revers pour Tecumseh et son idée de confédération indienne. Tenskwatawa, qui avait prétendu que les armes des Blancs ne pouvaient faire de mal aux braves tomba en disgrâce avant de s'enfuir au Canada. La guerre de Tecumseh prendra fin avec sa mort en 1813 à la bataille de la Thames.

retour


Frontière de 1812

Bataille de Tippecanoe

Bataille de Tippecanoe

1812

 

Expédition de  Floride (17 mars- 13 mai 1813)

L'embargo britannique et les pertes commerciales qu'il génère accentuent l'interêt des Américains pour la Floride espagnole, qu'ils craignent de voir annexée par la Couronne, et dont l'île d'Amelia est le repaire des contrebandiers qui permettent l'approvisionnement de la Georgie via la Floride. 

Avec l'aval de Madison et du grouverneur de la Georgie George Mathews le commodore Hugh George Campbell aide le 17 mars les "Patriots of Amelia Island" à prendre le contrôle de l'île (dont la garnison se compose de 10 hommes). Campbell et ses navires assurent le maintien de la position jusqu'à ce que les Espagnols ne l'en chasse en 1813. 

Les "Patriotes", soutenus par les Marines américains, marchent sur le port de St Augustine mais le terrain est difficile et les Indiens hostiles.

Le 12 septembre le capitaine John Williams, en charge d'un convoi de ravitaillement et de volontaires, est pris en embuscade par un groupe de Seminoles et d'anciens esclaves noirs évadés des plantations de Caroline et de Georgie. Mortellement blessé, il est remplacé par le lieutenant Alexandre Sevier qui continuera à affronter les Indiens lors de plusieurs engagements.

Depuis mars 1812, John Houston McIntosh a pris la tête de la rébellion. Il est stoppé par le gouverneur Juan de Estrada à Fort Mose (soit aux portes de St Augustine), puis contraint à la retraite par le nouveau gouverneur Sebastian Kindelan qui s'est allié aux Seminoles. Les Américains quitteront la Floride en mai 1813. 

En 1819 l'Espagne finira par céder la Floride aux Etats-Unis qui en feront  le 27ème Etat de l'Union en 1845. Trois guerres avec les Seminoles agiteront la région entre 1816 et 1858. A ce jour, aucun traité de paix formel n'a jamais été signé.

Les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne (18 juin)

Le Congrès américain déclare la guerre à la Grande-Bretagne. Le président Madison signe la déclaration.
Le major-général Henry Dearborn installe son quartier général à Albany et se prépare à envahir le Canada. Il va cependant vite se heurter à la resistance des Shawnee de Tecumseh sur la frontière Nord-Ouest et au génie militaire d'Isaac Brock, gouverneur du Haut-Canada.

Invasion du Haut-Canada par la frontière de Detroit (juillet)

Le 12 juillet 1812 le brigadier general William Hull envahit le Haut-Canada avec 2000 hommes (4th US Infantry, 3 régiments de miliciens de l'Ohio et quelques détachements de volontaires du Michigan). La garnison britannique de 300 soldats stationnée à Sandwich n'oppose aucune résistance. Les Américains hésitent à affronter leurs adversaires rassemblés à Fort Malden (aussi appelé Fort Amherstburg) et les renforts ennemis arrivent. A l'annonce de la perte de Fort Michilimackinack Hull abandonne tous ses gains territoriaux et se replie sur Detroit.

Capture du Cayahoga (3 juillet)

Le lieutenant canadien Frédéric Rolette capture le schooner de William Hull sur la rivière Detroit. La cargaison est précieuse, puisqu'il y trouve la correspondance du général William Hull avec le ministre de la guerre Eustis. Le détail de ses forces et leur déploiement y est écrit noir sur blanc. Les informations sont vites utilisées par Brock, pour préparer la contre-attaque et la capture de Detroit.

Capture du Nautilus au nord de New-Jersey (17 juillet)

La goélette de 12 canons, USS Nautilus du lieutenant William Montgomery Crane est capturée par l'escadre britannique de l'amiral John Warren composée de l'HMS Shannon (38), HMS Africa (64), et HMS Aeolus (32). Cette prise a pour but de refroidir les ardeurs des corsaires américains le long des côtes canadiennes.

Capture du Fort Michilimackinac (17 juillet)

Les communications sont telles que les Britanniques apprennent la déclaration de guerre avant les Américains. Décidant de prendre les devants, le capitaine Charles Roberts avec 306 soldats britanniques et canadiens et près de 700 indiens débarque au nord de l'île Mackinack et place 2 canons en surplomb Fort Michilimackinac dont les 60 hommes sont commandés par le lieutenant Porter Hanks. Réalisant l'improbable rapport de force qui l'oppose à Roberts et par crainte d'un massacre organisé par les Indiens, Hanks accepte de se rendre. La garnison reçoit les honneurs de guerre.
Cette première victoire encourage davantage les Indiens à se rallier aux Britanniques.

Première attaque de Sackets Harbor (19 juillet)

Cinq vaisseaux britanniques sont repoussés par le Brick Oneida et des canons placés sur le rivage. Après cette attaque le village deviendra une  base navale. Le village sera renforcé et composé d'une garnison de plusieurs millers d'hommes.

Capture du HMS Alert (13 août)

Le capitaine Porter, à bord de l'USS Essex, défait et capture l'HMS Alert. Il a l'honneur d'être le premier navire yankee à capturer un vaisseau de Sa Majesté.

Embuscade de Brownstown (5 août)

Depuis juillet la flotte britannique contrôle le lac Erie le long des rives duquel la ligne de ravitaillement de Hull s'étend sur près de 100km.

Le 5 août, le convoi de 200 Américains commandés par le major Thomas Van Horne est pris en embusade par 2 douzaines de Shawnees guidés par Tecumseh. Malgré l'avantage du nombres les miliciens peu entrâinés prennent peur et s'enfuient. Van Horne perd 17 tués, 12 blessés et 70 disparus. Le convoi n'atteind évidemment pas Detroit.

Bataille de Magagua (9 août)

Le 9 août, le lieutenant-colonel James Miller doit rejoindre le convoi mené par la comagnie de volontaires de l'Ohio menée par le capitaine Henry Brush à Miami Rapids.

A Magagua Miller et ses 600 hommes se retrouvent face au détachement du major Adam Muir (41e RI) composé de 75 Britanniques, 60 Canadiens et 70 Indiens.

Alors qu'ils tiennent les Américains sous leur feu, les tuniques rouges perçoivent des mouvements dans les bois sur leur flanc droit et tirent au jugé. Il s'agit en fait de leurs alliés Potawatomi, qui, s'imaginant avoir affaire aux hommes de Miller, répliquent pendant plusieurs minutes avant de se rendre compte de la méprise et de retraiter. Voyant la ligne américaine s'effilocher Muir fait sonner la charge au clairon. La sonnerie est mal interprétée par un des officiers qui fait battre sa compagnie en retraite, entraînant les autres derrière elle.

Encouragés par cet incident les Américains se reforment et partent à la poursuite des Britanniques pour les retrouver ralliés et prêts à en découdre un peu plus loin. Satisfait par sa "victoire", Miller décide de ne pas renouveler son assaut. Il a perdu plus d'hommes que Muir et semble avoir perdu confiance.

Le lendemain matin il découvre que Muir et ses hommes ont abandonné le terrain mais, craintif d'une embuscade, il refuse de reprendre son avance vers Rapids malgré les ordres de Hull qui finit par le faire revenir à Detroit.

L'échelle de cet engagement, bien que mineur, lui donne l'appellation de "bataille", a contrario des précédentes escarmouches.

Le convoi du capitaine Brush n'atteindra pas Detroit.

Evacuation et massacre du Fort Dearborn (15 août)

Sur les ordres de Hull, le capitaine Nathan Heald supervise l'évacutation du Fort Dearborn (maintenant Chicago). Une colonne de 148 soldats, femmes et enfants se met en route vers Fort Wayne. Deux kilomètres plus loin, elle est prise en embuscade par un demi-millier de Potawomis. Trente-neuf militaires et 27 civils sont tués. Le reste de la colonne est vendue comme esclave par les Indiens aux Britanniques qui s'empressent de les libérer dans la foulée. Le fort est rasé et la région restera vide d'Américains jusqu'à la fin de la guerre. 

Le massacre est commémoré sur le drapeau de la ville de Chicago par la première des 4 étoiles qui le composent.

Capture du Fort Detroit (16 août)

Début Août, Brock regroupe ses forces. Il n'a que 330 réguliers, 300 miliciens et  600 Shawnees menés par Tecumseh à opposer aux 2500 Américains regroupés à Fort Detroit. Mais Il sait que le moral des troupes de Hull est bas et tente en quelques coups de bluffs de les tromper quant à la quantité et la qualité de ses troupes : Il fait multiplier les feux de nuit et fait défiler plusieurs fois les mêmes unités en manoeuvre et même à l'heure de la soupe! Il habille aussi les miliciens avec des uniformes de l'armée régulière. Et le bluff marche...

Le 15 août les canonniers des Provincial Marines canadiens ouvrent le feu sur le fort pendant que les troupes de Brock, divisées en 2 groupes de miliciens et un groupe de réguliers et soutenues par 5 canons débarquent au sud. Ne voulant prendre le risque d'être pris à revers par les 500 hommes des colonels Cass et McArthur en train de nettoyer la ligne de ravitaillement américaine, Brock décide d'attaquer sur le champ et met ses canons en batterie. A mesure que les dégâts des bombardements s'amplifient Hull, persuadé d'être en sous-nombre et inquiet des cris de guerre indiens toujours plus menaçants, se met à redouter un bain de sang. Contre l'avis de ses subordonnés il hisse le drapeau blanc et met à la disposition de Brock 30 canons, 300 fusils et 2500 mousquets et 2500 prisonniers, y compris les troupes de Cass et McArthur. Les Américains ont eu 7 tués, les Britanniques 2 blessés.

Cette victoire met un coup d'arrêt à ce versqnt de la campagne canadienne sur laquelle comptaient tant les Américains. La menace qui pesait sur le flanc oriental du Haut-Canada est endiguée et le moral remonte en flèche. Les Britanniques auront désormais le contrôle du territoire du Michigan et de la région de Detroit jusqu'à l'année suivante.

retour

Saint Augustine et Fort Mosé en 1783

Laura Secord

Carte de Détroit

Capture du Cayahoga

Fort Detroit

Bataille au large de la Nouvelle-Ecosse (19 août)

Au Sud de Terre Neuve, la frégate américaine USS Constitution (44 canons), commandée par le capitaine Isaac Hull, attaque et détruit en moins d'une demie-heure la frégate HMS Guerriere (38 canons) commandé par le capitaine James Dacres. Les navires entrent en collision 3 fois au cours de l'engagement. La troisième, le beaupré de la Guerriere est prise dans les cordages de la Constitution qui l'arrache lorsqu'elle se désengage. L'onde de choc déstabilise la frégate britannique dont le mât de misaine s'effondre peu après, avant d'être suivi par le reste de la mâture. 

Ce sont les flancs de la Constitution, plus solides, qui permirent à Hull d'utiliser cette tactique quelque peu "sauvage". La frégate y gagnera le surnom de "Flancs d'acier" (Old Ironsides)

Raids autochtones sur le front Ouest (du 3 au 15 septembre)

En septembre les Indiens s'attaquent pour la première fois de la guerre aux populations de l'Indiana dans une série d'attaques coordonnées :

Le 3 septembre le village de Pigeon Roost est attaqué par un groupe principalement constitué de Shawnees. Vingt-quatre colons sont massacrés et  2 enfants enlevés pour 4 Indiens tués. Seule une famille survivra à l'attaque. 

A l'aube du 4 septembre le Fort Harrison dont la garnison se compose de 15 hommes commandés par le capitaine Zachary Taylor est attaqué. Un guerrier met le feu aux baraquements, créant un début de panique.  parvient à faire maîtriser l'incendie par le chirurgien du camp et quelques hommes pendant qu'avec ceux qui reste il impose un barrage de feu si violent qu'il parvient à contenir l'assaut ennemi. Les 600 Indiens présents se retirent dans la journée mais assiègent désormais le fort. Le 15, une colonne de secours arrive à la rescousse de la garnison. 

A partir du 5 septembre ce sont les 100 homme de Fort Wayne qui sont  assiégés par un demi-millier d'Indiens, ce que redoutait le capitaine James Rhea depuis la chute de Fort Dearborn et de Detroit. Les guerriers Miamis et Potawatomis de Winamac attaquent par l'est et brûlent le village attenant. Lorsqu'il s'aperçoit que les Indiens sont en possession de 2 canons (en fait 2 execellentes copies en bois!) Rhea, déjà dépressif et sous l'emprise de la boisson, parle de reddition. Deux de ses lieutenants décident alors de le relever de son commandement et assurent l'interim jusqu'à l'arrivée des 2200 hommes de renforts du général William Henry Harrison le 12. Rhea est cassé, le lieutenant Philip Ostander le remplace.

A l'issue de ces 2 sièges manqués, les guerriers Miamis perdent confiance dans leurs chefs et beaucoup d'entre eux partent rejoindre Tecumseh. Il n'y aura plus d'incursions indiennes en Indiana pour la durée de la guerre, mais ce n'est qu'un an plus tard, après la bataille de la Thames que la menace indienne sera définitivement éradiquée. 

Le 5 septembre le Fort Madison (Iowa) est lui aussi attaqué par 200 Winnebagoes, Sauks et Foxes. Un soldat qui se trouvait à l'extérieur du camp est tué (ce sera la seule victime américaine du siège) et les Indiens mettent le feu aux bâtiments attenants avant de tuer le bétail. De peur de voir les Indiens incendier le comptoir local (incendie qui pourrait se propager au fort), le lieutenant Hamilton prend les devants et le fait brûler de nuit par vent nul. Au cours de ces journées certains guerriers parviennent à s'introduire dans une étable et se mettent à harceler la garnison de l'intérieur avant que l'enseigne Vasquez ne les en chasse à coups de canon. Au bout de 5 jours les Indiens abandonnent la partie et se retirent en laissant plusieurs des leurs sur le terrain.

Raid sur Gananoque (21 septembre)

La centaine d'hommes du capitaine Benjamin Forsyth (1st US Rifle Regiment et une douzaine miliciens) entreprennent d'harasser systématiquement les lignes de ravitaillement britanniques depuis Ogdensburg (N.Y.). Leur premier fait d'armes notable consiste au pillage et à l'incendie du dépôt militaire de Gananoque (Haut-Canada, Ontario) tenu par les 40 hommes du colonel Joel Stone. 

Gananoque étant un carrefour vital pour l'approvisionnement entre Montreal et Kingston, une importante fortification y sera alors érigée à partir du mois suivant et dont la construction s'achèvera en 1813.

Crise du commandement de l'Armée du Nord-Ouest - Occasion manquée à Fort Wayne (fin septembre)

Le commandement américain est en crise : Le brigadier-général James Winchester, alors à la tête de l'Armée du Nord-Ouest, relève le général William Henry Harrison de son commandement de Fort Wayne le 18 septembre. Harrison quitte le fort le 19 pour St Mary où il espère recruter des cavaliers du Kentucky pour monter une expédition sur Detroit. Le 24, il reçoit un message du Secrétaire d'Etat à la défense l'informant de sa nomination au grade de brigadier-général à la tête de l'armée du Nord-Ouest.

De son côté, Winchester quitte Fort Wayne le 22 avec 2000 hommes en direction des Maumee Rapids (près de Toledo, Ohio). En chemin, une brève escarmouche a lieu avec des Indiens. Ces derniers sont l'avant-garde du major breveté Adam Muir qui avance sur Fort Wayne avec 1 200 hommes (200 réguliers, 1000 Indiens) et 4 canons. Malgré le nombre, le rapport de force est en faveur du Britannique dont les troupes sont plus motivées, plus expérimentées et mieux équipées. Heureusement pour Winchester, la capture d'un soldat américain va lui sauver la mise. L'homme exagère grandement les forces de Winchester (8000 hommes selon ses dires!) et prétend qu'une force équivalente se dirige à leur rencontre. Les rapports de ses éclaireurs, ceux-là même qui se sont battus avec les hommes de Winchester, abondent dans son sens. Muir décide de se replier. Au matin du 28, il se décide malgré tout à livrer combat mais il est trop tard. Impressionnés par les racontars du soldat et inquiets de voir Muir s'en retourner à Fort Defiance, les 3/4 des Indiens ont déserté. Muir comprend qu'il doit abandonner son expédition et retraite à Amherstburg. 

Winchester s'installe à Fort Defiance le 1er octobre. Ses hommes sont dépenaillés, affamés, au bord de la mutinerie. Harrison intervient et, après un vibrant discours parvient à remotiver les hommes.

Winchester devient commandant de l'aile gauche de l'armée du Nord-Ouest. Après plusieurs escarmouches contre les Britanniques et leurs alliés Indiens, il finit par installer son armée aux Maumme Rapids en décembre.

Attaque d'Ogdensburg (4 octobre)

De son prorpre chef le colonel Lethbridge tente de traverser le fleuve avec ses miliciens pour attaquer Ogdensburg (sous commandement du brigadier-général Jacob Brown). Il n'a pas fait la moitié du trajet que les batteries américaines l'accueillent à coups de mitraille. Lethbridge hésite puis s'en retourne à sa base de départ. Improvisé à la hâte, son plan s'est transformé en fiasco et il est remplacé par le lieutenant-colonel Thomas Pearson. 

Capture des HMS Detroit et Caledonia (10 octobre)

Lors d'une attaque nocturne surprise sur le lac Erie les forces américaines du commandant Jesse D. Elliott (qui n'a alors à sa disposition que des chaloupes) capturent 2 bricks britanniques, le Detroit et le Caledonia. Elliott devra plus tard brûler le Detroit, qui s'est échoué.

En plus d'avoir récupéré 40 prisonniers américains et d'en avoir lui-même fait 70, Elliott a,  par cette action audacieuse considérablement réduit l'escadre britannique et trouvé le premier navire de combat d'une escadre américaine qui n'en possésait encore aucun.

Bataille de Queenston Heights (13 octobre)

Au terme d'une bataille critique à Queenston Heights, les Britanniques repoussent un assaut des Américains pourtant bien supérieurs en nombre. Des troupes régulières américaines et plusieurs centaines de miliciens de l'Etat de New York traversent le Niagara et s'emparent d'un canon menaçant la progression de leurs renforts. Au cours de la charge qu'il mène pour reprendre la position, le général Isaac Brock et son aide de camp John Macdonnell sont tués. Le major-général Roger Hale Sheaffe, arrivé de Fort George avec des renforts, parvient finalement à lancer un assaut victorieurx contre les troupes américaines dont les miliciens s'enfuient, terrorisés par les guerriers Mohawks qui accompagnent les soldats de Sa Majesté. Incapables de réembarquer, les Américains doivent se rendre.  Bilan : 100 morts, 300 blessés, plus de 900 prisonniers chez les Yankees. 14 morts et 77 blessés pour les Britanniques.

Bataille navale au large de la Virginie (18 octobre)

La brigantine britannique "Frolic" (18 canons) est prise d'assaut par le sloop américain "Wasp" (18 canons, Cpt. Jacob Jones) alors qu'elle escorte un convoi au nord des Bermudes.

Pendant plus de 40mn les 2 opposants se tirent dessus jusqu'à ce que la Frolic soit à la limite de l'épave. La mâture et les voiles du Wasp sont cependant tellement endommagées qu'il ne peut fuir lorsque arrive le HMS Poictiers et ses 74 canons.

Capture du HMS Macedonian (25 octobre)

Le USS United States (44 canons, Cpt. Stephen Decatur), s'attaque au HMS Macedonian (38 canons) au large de Madère. Bombardant le navire à longue distance, il le met en morceaux et le force à se rendre. Pour couronner le tout, le Macedonian sera réparé et remis à l'eau. Sous pavillon américain cette fois.

Bataille de Lacolle Mills (20 novembre)

6000 hommes, conduits par Henry Dearborn s'approchent de la frontière du Bas-Canada au sud de Montreal, près de Champlain (Ontario).

Le moulin de Lacolle (Lacolle Mills) a été transformé en position retranchée. C'est Charles de Salaberry, à la tête de 300 voltigeurs canadiens et 230 Mohawks qui défend la position. Très largement inférieurs en nombre, les Canadiens résistent du mieux qu'ils peuvent  avant de décrocher. Les Américains s'emparent du moulin et se préparent à poursuivre leur avance le lendemain. Une bonne partie des forces de Dearborn refuse cependant de traverser la rivière, la loi sur la milice n'obligeant pas au service hors de l'État. 

Durant la nuit l'avant-poste du moulin est attaqué. Pendant plusieurs minutes la bataille fait rage avant que les Américains ne s'aperçoivent consternés qu'ils se sont entre-tués. L'ennemi n'était autre qu'une unité amie qui a franchi la frontière séparément. Profondément remués par cette terrible méprise, les Américains sont totalement pris au dépourvu lorsque Salaberry lance sa contre-attaque.

Déjà peu enthousiastes à l'idée d'envahir le Canada, les miliciens ont vu leur moral s'effondrer après l'incident de la nuit. Ils refluent jusqu'à Champlain avant de franchir de nouveau la frontière.

L'hiver est proche. Il n'y aura pas d'autre tentative américaine avant 1814.

Capture navale aux Antilles (22 novembre)

Alors qu'il croise aux Antilles l'USS Vixen, commandé par le lieutenant George Washington Reed, est pris en chasse et capturé par la frégate britannique HMS Southampton (32 canons). Les 2 navires s'échoueront peu de temps après sur l'île de la Conception (Bahamas). Les officiers et hommes d'équipage y survivront. Le lieutenant Reed mourra cependant de la fièvre jaune en Jamaïque avant d'avoir pu être échangé. 

Bataille de Frenchman's Creek (28 novembre)

Depuis la démission de Stephen Van Rennselaer après la bataille de Queenston Heights, c'est général américain Smyth qui a pris le commandement de l'Armée du Centre. Le 9 novembre, il clame haut et fort qu'il envahira le Canada dans les 15 jours, tant et si bien que les Britanniques finissent par être au courant de ses intentions.

Le 27, 4500 Américains sont réunis à Black Rock.

Le 28, 2 détachements quittent la ville, sous les ordres des colonels William Winder et Charles Boerstler. Winder doit détruire la batterie ennemie située de l'autre côté de la rivieère, Boerstler doit détruire le pont de Frenchman's Creek, afin d'empêcher l'arrivée de renforts en provenance de Fort George et Chippawa.

Les Américains débarquent sur les côtes canadiennes en pleine nuit, attendus par les Britanniques qui les repoussent en partie et coulent certains de leurs bateaux. Malgré cela, les hommes de Winder parviennent à les prendre de flanc et à s'emparer des canons.

Du côté de Boerstler la situation vire au ridicule lorsqu'il s'aperçoit que les outils du Génie ont été oubliés dans les bateaux. La contre-attaque britannique est cinglante, 2 bateaux sont détruits par l'artillerie.   

Une partie de l'avant-garde de Smyth est capturée par manque de moyens de transport pour traverser le fleuve. Le reste parvient à rejoindre à Black Rock. Bilan : une centaine de pertes de part et d'autres (tués, blessés, capturés).

Smyth prend alors ses quartiers d'hiver et repousse toute tentative à l'année suivante. Peu après il demande une permission pour retourner chez lui. Il n'en reviendra pas, Madison le démettant de son commandement 3 mois plus tard.

Raids de la Mississinewa River (17 et 18 Décembre)

Le 17 décembre, Campbell atteint son premier objectif et attaque par surprise hommes, femmes et enfants. Il fait 76 prisonniers mais envisage de rentrer avec son butin en raison du froid intense qui sévit dans la région. Le lendemain près de 300 Indiens contre-attaquent, tuant 8 soldats et en blessant 48. Lorsque En représailles aux raids des indiens Miamis sur Fort Wayne et Fort Harrison, le général William Henry Harrison envoie 600 soldats américains, commandés par John B. Campbell, attaquer les villages Miami le long de la rivière Mississinewa. Campbell parvient à rejoindre sa base de départ près de 300 de ses hommes souffrent de sévères engelures.

Bataille au large du Brésil (29 novembre)

Près des côtes brésiliennes la frégate américaine USS Constitution (44 canons), nouvellement commandée par le capitaine William Bainbridge attaque et détruit le HMS Java (44 canons), commandé par le captain Harry Lambert.

Un bilan mitigé

A la fin de l'année 1812, le bilan américain est pour le moins mitigé : Sur terre les Américains ont perdu une armée à Detroit et le Michigan est désormais entre les mains des anglo-Canadiens. A Queenston Heights, l'Armée du Centre a été mise en déroute. Les tentatives de Lacolle Mills et de Frenchman's Creek ont tourné au fiasco. Les miliciens Yankees se révèlent peu maniables et fiables dès qu'ils ont quitté leur Etat, à l'inverse des Canadiens. Le plan américain d'invasion est un échec patent.

Pour l'heure, seule la Navy semble faire jeu égal avec l'ennemi.


retour

Bataille de Queenston Heights

Bataille de Queenston Heights, mort d'Isaac Brock
Uss Constitution contre Hms Java

1813

Capture de l'USS Viper (17 janvier)

Le H.M.S. Narcissus capture le brick américain Viper près de Belize.

Bataille de la rivière Raisin (22 janvier)

Le 18 janvier 1813 James Winchester disperse un petit détachement britannique à Frenchtown (aujourd'hui Monroe, Michigan), à la demande des habitants.
Le colonel Henry Proctor réagit et organise une contre-attaque avec les troupes du Fort Malden (41e d'Infanterie, miliciens locaux et un groupe d'Indiens menés par Wyandot Roundhead). Avec ses 1300 hommes traverse la rivière Detroit gelée avec son artillerie. De son côté Winchester a 934 hommes qu'il n'a pas pris soin de mettre en position défensive.

Le 22 janvier une attaque d'artillerie et une attaque indienne surprennent et écrasent le flanc droit américain constitué à la hâte. Winchester est capturé et se rend avec la totalité de son armée, quand bien même son flanc gauche s'en sort plutôt bien. Seuls 23 soldats échappent a la mort ou à la captivité.

La glorieuse victoire britannique du 22 est quelque peu ternie lorsque les Indiens font un raid sur les maisons où les prisonniers américains blessés sont gardés par un petit détachement. Déterminés à venger ceux des leurs qui ont péri pendant la bataille, ils tuent entre 30 et 60 prisonniers et mettent le feu aux bâtiments. Cet épisode, baptisé « le massacre de la rivière Raisin », servira plus que tout autre à galvaniser l'effort de guerre des Américains; des milliers de personnes originaires du Sud et de l'Ouest se porteront volontaires peu après et feront de « Souvenez-vous de la rivière Raisin » leur cri de guerre.

Ce court engagement oblige Harrison à annuler son offensive d'hiver. Il fait construire le Fort Meigs (Perrysburgh, Ohio) sur la rivière Maumee à la place.

Raid sur Elisabethtown (7 février)

Le 4 février un détachement britannique de Prescott (Ontario) traverse le St Laurent gelé et capture quelques prisonniers à Ogdensburg (N.Y.). En représailles le major Benjamin Forsyth quitte la ville le 6 à 22h avec 200 volontaires et réguliers en direction de Morristown (N.Y.) à 20km de là. Il traverse le fleuve à 1h00 et prend Elizabethtown par surprise. Il libère les prisonniers et en prend 52 de son côté, au prix d'un blessé d'en chaque camp et de 45km de marche dans un froid glacial. Cet exploit finit de convaincre les Britanniques de la nécessité de neutraliser Ogdensburg.

Bataille d'Ogdensburg (22 février)

Le lieutenant colonel "Red George" McDonnell, en charge de la garnison de Prescott, décide d'en finir avec les raids incessants de Benjamin Forsyth. La venue du lieutenant-général George Prevost la veille lui a apporté un surplus temporaire de troupes qu'il compte utiliser sur le champ. La colonne principale (120 hommes du 8th Foot, 30 du Royal Newfoundland et 230 miliciens) doit traverser le fleuve et prendre le fort où cantonnent les Américains de flanc, le front étant occupé par une compagnie du Royal Light Glengarry, 70 miliciens et des canons légers montés sur traîneaux.

Habitués à voir les britanniques s'entraîner sur le St Laurent gelé, les hommes de Forsyth furent pris par surprise lorsqu'ils se mirent à charger dans leur direction. Les canons légers, bloqués par la neige, ne purent intervenir, ce qui permit aux défenseurs de tenir leurs positions jusqu'au moment où la certitude d'un prochain encerclement les fit battre en retraite. Les vainqueurs brulêrent toutes les embarcations qu'ils purent trouver et s'emparèrent d'artillerie et d'équipements divers.

Bilan : 90 tués et blessés Américains sur 250 hommes environ. 55 tués et blessés Britanniques sur 520 hommes.     

Les Américains ne réinstallèrent pas garnison à Ogdensburg, enlevant ainsi la pression sur le ravitaillement britannique.

Destruction du  HMS Peacock par l'USS Hornet, au large de la Guyane Britannique (24 février)

Course à l'armement aux Grands Lacs (Mars)

Les Américains poursuivent la constitution de leur flotte des Grands Lacs. mettent en place leur flotte. Isaac Chauncey cède celle du lac Erie à Oliver Hazard Perry et conserve celle du Lac Ontario. Cette dernière est prête avant celle des Britanniques ce qui permet à Dearborn de tenter un coup de main à York le mois suivant.

Bataille de York (27 avril)

Le 26 avril, 14 navires américains transportant près de 1800 hommes (essnetiellement les 6e, 15e et 16e d'Infanterie + 3e d'Artillerie cpmme fantassins) s'approche de la ville de York (aujourd'hui Toronto). Les défenses de York sont faibles : Un petit fort un peu à l'ouest de la ville, près d'une batterie de 2 canons 12-pounder  et une batterie obsolète de 2 canons de 18 pounders un peu plus à l'ouest. Le major-général Roger Hale Sheaffe se trouve alors en ville pour raisons personnelles. Il a à sa disposition 4 compagnies de réguliers (300 hommes), 300 miliciens et une centaine d'Indiens.

Au matin du 27 la première vague de débarquement (1er régiment de tirailleurs) du major Benjamin Forsyth débarque à 6km à l'ouest de la ville. Seuls quelques Indiens leur opposent une farouche résistance avant de s'enfuir dans les bois. Sheaffe a bien ordonné une compagnie du Glengarry Light Infantry de leur prêter main-forte mais les soldats se sont perdus dans les faubourgs de la ville.

A mesure que les Américains débarquent la compagnie de grenadiers du 8th Foot (the King's) tente une charge à la baïonette qui échoue avec de terribles pertes. Zebulon Pike ordonne une avance par sections, soutenue par 2 canons de campgne 6 pounder qui font refluer 2 autres compagnies de tuniques rouges (8th Foot et Royal Newfoundland).

Les Britanniques tentent de rallier la batterie la plus à l'ouest de York où une explosion apparemment accidentelle provoque la plus grande confusion. Les troupes refluent dans une ravine au nord du fort où les miliciens se mettent en ordre de bataille.

Pendant ce temps les Américains bombardent le fort et la batterie adjacente. Les tirs de contre-batterie se révèlent inefficaces.

Sheaffe décide que la bataille est perdue et décide d'abandonner la ville. Il conseille au militiens de "négocier dans les meilleurs termes" et se retire avec ses troupes. A l'insu des miliciens et des officiels, il ordonne le sabordage du HMS Isaac Brock alors en construction et la destruction de la poudrière du fort. Lorsque ce dernier explose, Zebulon Pike se trouve à moins de 200m. Il est tué, ainsi que 200 autres personnes, Américains et Britanniques.

Furieux de leurs pertes et de la "trahison" Sheaffe (les négociations pour la reddition de la ville avaient apparemment déjà commencé), les Américains incendient le Parlement et mettent à sac plusieurs maisons et bâtiments publics le 29 avril. Dearborn ne fait apparemment rien pour empêcher le pillage.

Bilan : 62 tués, 94 blessés côté britannique, 320 tués ou blessés côté américain.

Alors qu'il était déjà peu apprécié des Canadiens (et parfois de ses hommes), la conduite de Sheaffe provoquera un plainte de l'Assemblée Provinciale. Il perdra le commandement du Haut-Canada et se retire en Angleterre.

Raid sur Frenchtown (Maryland) (29 avril)

Le contre-amiral britannique George Cockburn et sa fllotte débarquent à Frenchtown dans la baie de Chesapeake à Frenchtown. Il détruit de larges quantités de farine, de fournitures militaires et 5 schooners. Il capture de même de nombreuses têtes de bétail.

Siège de Fort Meigs (28 avril - 9 mai ) - Bataille de la Miami (5 mai)

Après la défaite de Frenchtown (Michigan) en janvier 1813, William Henry Harrison ordonne la construction du Fort Meigs, aux rapides de la rivière Maumee River (aussi appelée Miami du lac). Fin avril, le fort est à peine terminé lorsque 500 réguliers (420 du 41st Foot, 60 du Royal Newfoundland, 30 artilleurs) du  et 460 miliciens canadiens sous les ordres du colonel Proctor l’attaquent, appuyés par Tecumseh et 1000 de ses guerriers. Les Américains ont 1200 hommes à leur opposer, bien retranchés derrière les épais murs du fort.

Le 5 mai, le général américain Green Clay et 1600 soldats approchent du fort en bateau lorsqu’ils sont rejoints par un messager de Harrison qui leur transmet l’ordre de se séparer en deux colonnes de 800 soldats chacune. La première a pour mission de débarquer sur la rive droite et de rejoindre le fort malgré les guerriers de Tecumseh qui en interdisent l’accès. La deuxième doit prendre pied sur la rive gauche afin de s’emparer d’une batterie de canons avant de rejoindre la première colonne de l’autre côté de la rivière. Il semble que Clay ait omis de dire aux soldats de la deuxième colonne ce qu’ils devaient faire après la destruction des pièces d’artillerie britanniques.

Les 866 Américains du colonel William Dudley mettent donc les artilleurs britanniques en déroute et se trouvent désemparés, ne sachant que faire désormais. Le major Adam Muir lance alors une contre-attaque foudroyante. Une partie des troupes s'enfuit dans les bois tombe dans l'embuscade préparée par Tecumseh. Les 169 hommes en charge des bateaux parviennent à s'enfuir. 547 sont faits prisonniers (dont 150 blessés), 150 ont été tués. Les prisonniers sont regroupés sur les restes de l'ancien Fort Miami où 38 des blessés les plus graves sont assassinés par des Indiens frustrés de n'être pas arrivés à temps pour la bataille. Un soldat britannique qui tente de s'interposer est tué. C'est Tecumseh lui-même qui mettra fin au massacre.

Pendant que la colonne de Dudley se fait étriller, Harrison tente une sortie de diversion. C'est le colonel John Miller, à la tête de 350 hommes qui en a la responsabilité. Il parvient à s'emparer de la batterie sud. Le capitaine Richard Bullock lance aussitôt une contre-attaque avec 2 compagnies du 41th Foot, 1 de miliciens et plusieurs indiens. Malgré leur résistance, les Américains (1st Light Dragoons, 17th et 19th dIinfanterie) doivent se replier. Ils ont perdu 68 tués et 170 blessés.

Les murs du Fort Meigs étaient protégés par d’épais remblais de terre qui rendaient les boulets de canon pratiquement inoffensifs. Bien que plus de mille boulets aient été tirés sur le fort, celui-ci n’en avait que peu souffert. Les Britanniques ne peuvent pénétrer dans le fort ni les Américains en sortir : c’est l’impasse. Les guerriers de Tecumseh ne sont pas disposés à faire un long siège, pas plus que les miliciens : on était au printemps et s’ils ne faisaient pas les semailles immédiatement, ils souffriraient à coup sûr de la faim l’hiver suivant.

Procter n’a pas le choix : il doit lever le siège. La campagne de l’hiver et du printemps 1813 s’achève donc sans réel vainqueur ni vaincu : Si Harrison a empêché la poursuite de l'Ohio et de l'Indiana, il n'a pu comme prévu attaquer Detroit.

Bilan américain : 250 tués, 215 blessés, 500 prisonniers

Bilan britannique : 14 tués, 47 blessés, 41 prionniers (les artilleurs de la batterie sud)

Bilan indien : 120 tués (estimation)

Capture de Fort George (25-27 mai)

Après la capture de York, les forts britanniques sur le Niagara étaient les prochaines cibles des Américains. Le 25 mai, Fort George se réveille sous le puissant bombardement de la flotte d'Isaac Chauncey et des batteries du Fort Niagara. Les boulets chauffés au rouge avant projection mettent rapidement le feu à plusieurs bâtiments du fort (en bois) commandé par le major general John Vincent. Ne sachant de quel côté viendra l'attaque, ce dernier décide de regrouper ses forces le long du Niagara. 

Le 27, 2000 Américains menés par Winfield Scott et Benjamin Forsyth débarquent, mais sur les berges du lac Ontario. Vincent envoie immédiatement des compagnies du Glengarry Light Infantry, du 8th Foot, du Royal Newfoundland Fencibles et la Company of Coloured Men du capitaine Runchey contre-attaquer à la baïonnette. Mais les Américains résistent et continuent leur débarquement. Se voyant sur le point d'être pris de flanc, Vincent décide d'évacuer le fort, oubliant femmes et enfants dans sa hâte. 

Les Britanniques ont perdu 350 hommes, les Américains 140.

Deuxième attaque de Sackett's Harbor (29 mai)

Le 29 ma, les Britanniques débarquent à Horse Island et se dirigent plein Est vers vers la base navale de Sackets Harbor.

Les Américains sentent souffler le vent de la défaite et  détruisent tous les bâtiments militaires et navals avant de se replier sur la 2e ligne de Fort Volunteer. Là, contre toute attente, ils parviennent à repousser l'assaut de l'ennemi qui se replie sur une défaite.

La résultante de cet assaut manqué est le renforcement des défenses de la ville par les Américains. Sackets Harbor ne sera plus jamais attaqué. 

Capture de l'USS Chesapeake (1er juin)

Récemment construite et à l'équipage inexpérimenté, la Chesapeake s'attaque à un des meilleurs navires britanniques : Le HMS Shannon. Bien que tous 2 armés de 38 canons, le Shannon prend les Américains de vitesse et parvient en quelques minutes à leur infliger suffisamment de dégâts pour les aborder. Pertes : 83 marins britanniques contre 146 Américains. La Chesapeake battra désormais le pavillon de Sa Majesté, qu'elle servira avec distinction.

Capture des USS Growler et Eagle (3 juin)

Les 2 sloops, chargés de protéger les navires marchands américains près de la frontière canadienne, quittent le lac Champlain et remontent la rivière Richelieu à la poursuite de l'ennemi. Engagés par les canons installés à l'Ile aux Noix, ils voient le chemin de retour bloqués par des embarcations britanniques. Inadaptés aux faibles vents de la rivière, les 2 navires peuvent plus manoeuvrer et se trouvent à portée de fusils de l'infanterie. Un étrange combat de 4 heures s'engage alors. Le Growler perd son gréement et s'échoue, et la proue de l'Eagle est finalement traversée de part en part par un boulet, la mettant ainsi hors de combat. Au moins 30 Britanniques ont été tués par des tirs de grenaille. Côté Américain on dénombre un mort, 9 blessés (relâchés sur parole) et 30 prisonniers. 

La force navale américaine du lac Champlain n'existe plus.

Bataille de Stoney Creek (6-7 juin)

Après la défaite de Fort George, John Vincent et 700 de ses hommes retraitent vers Burlington Heights. Les Américains se lancent à sa poursuite, mais avec lenteur. Le 5 juin, les brigadiers généraux John Chandler et William H. Winder installent le campement de leurs 3400 hommes à Stoney Creek (Ontario).  

Le lieutenant-colonel John Harvey va reconnaître les positions américaines qu'il estime fort mal placées et  bien peu gardées. Il préconise une attaque de nuit. Les Britanniques sont menés au camp américain par un fermier local, Billy Green.

A 2h00 le 7 juin, les Britanniques (8e et 49e Régiments) sont en position. Les gardes d'un avant-poste situé dans une église en rondins sont surpris et tués à la baïonnette. A l'approche des feux du campement, les hommes se heurtent à des sentinelles. Aussitôt, les Indiens poussent leur cri de guerre, alertant le camp. Harvey avait eu la mauvaise idée de faire enlever aux hommes ls pierres de leurs fusils pour éviter tout tir prématuré. De fait, la bataille se transforme immédiatement en une mêlée confuse. C'est à la baïonnette que le major Charles Plenderleath (49e) charge et prend 4 canons américains. Dans le chaos ambiant, Chandler et  Winder sont capturés. Témoin de la scène, le major Joseph Lee Smith du 25e US ordonne à ses hommes de battre en retraite. A l'aube, se sachant sensiblement inférieur en nombre, Harvey ordonne la retraite, emmenant avec lui 2 des canons capturés. 

Bien que les pertes aient été sensiblement équivalentes de chaque côté (22 morts, 134 blessés Britanniques, 55 morts, 113 blessés Américains), les Américains sont choqués. Ils ont perdu 2 de leurs officiers généraux et décident de battre en retraite. Les forces navales de Chauncey ont entretemps quitté le lacOntario en apprenant l'attaque de Sackets Harbor quelques jours plus tôt. Privés de tout soutien et harcelés par les navires britanniques, les Américais se retirent à Forty-Mile Creek où arrive sir James Yeo le 7 juin, en provenance de Sacketts Harbor. Persuadés que ses navires sont chargés de soldats, les Américains lèvent immédiatement le camp et établissent un périmètre de défense restreint autour de Fort George.

Bataille de Craney Island (22 juin) / Destruction d'Hampton (25 juin)

La flotte des amiraux George Cockburn et John B. Warren, qui bloque la baie de Chesapeake, envisage d'attaquer le chantier naval de Norfolk et de s'emparer de l'USS Constellation. Le brigadier-général Robert B. Taylor, en charge de la milice de Virginie de la région de Norfolk fait rapidement contruire des défenses autour de la ville et de celle de Portsmouth. Il fait installer plusieurs navires en barrage sur l'Elisabeth River et fait construire des fortifications sur Craney Island (garnison de 150 hommes), près de Hampton Roads. 

Le 22 juin, 700 Royal Marines et des troupes du 102e Régiment et unce compagnie d'Indépendants Etrangers débarquent à Hoffler's Creek, à l'ouest de Craney Island. Ils sont immédiatement pris sous le feu des défenseurs et s'aperçoivent qu'ils ne pourront pas traverser à gué jusqu'à l'île même sous une telle volée de plombs. Les Royal Marines réembarquent et tente d'attaquer par l'est, où est installée  la batterie légère du capitaine Arthur Emmerson. Ce dernier fait retenir le tir de ses canons jusqu'à ce que les Britanniques soient à courte portée. Les dégâts sont terribles, plusieurs barges e débarquement sont même coulées. Les Britanniques battent en retraite jusqu'à leurs navires, ayant souffert une centaine de pertes pour aucune enregistrée du côté américain. 

La flotte britannique remonte vers le nord non sans avoir rasé intégralement le village d'Hampton 3 jours plus tard. Meurtres, viols, pillage sont exercés en représailles contre les malheureux habitans du village. 

 Bataille de Beaver Dams (24 juin)

Après leur victoire à Stoney Creek les Britanniques occupent 2 avant-postes desquels avec les milices locales et leus alliés Indiens ils harcèlent les Américains repliés à Fort George : Twelve-mile Point et Beaver Dams. Le brigadier général John Parker Boyd, en charge de Fort George,  décide de se débarrasser de cette menace constante et par là même de redonner confiance à ses troupes. L'attaque doit être menée par le 14e d'Infanterie, ainsi que par des détachements des 6e, 13e, 23e, une compagnie d'artillerie (6 canons 6 pounder), le 20e Dragons et 40 militens New-Yorkais à cheval. Le tout sera sous le commandement de Charles Boerstler.

Le 22 juin, Laura Secord surprend une conversation entre officiers sur les plans d'attaque contre l'avant-poste  de Beaver Dams. Elle parcourt 30 km à pied pour venir avertir le lieutenant britannique FitzGibbon qui réagit sur le champ et envoie 450 hommes (300 Kahnawake-des Mohawks chritianisés par les Jésuites- sous les ordres de Dominiquie Ducharme,  et 100 Mohawks sous les ordres de William Johnson Kerr, Fitzgibbon et 46 hommes du 49th Foot demeurant en réserve) tendre une embuscade sur le trajet.

Le 24 juin les 575 Américains quittent Queenstown . A mesure qu'ils se rapprochent de Beaver Dams, ils prennent conscience de la présence d'Indiens sur leurs flancs et sur leurs arrières mais Boerstler refuse de changer ses plans. Lorsque les Indiens ouvrent le feu, ce dernier et blessé. Les soldats battent en retraite en combattant jusqu'à une plaine où ils peuvent mettre leur artillerie en batterie. C'est alors que FitzGibbon intervient. Il prétend que les Américains sont encerclés et très inférieurs en nombre et que, faute de se rendre, il ne pourra retenir les Indiens de massacre l'ensemble de la troupe. Les 484 Américains encore valides se rendent. 

Cette triste défaite achève de saper le moral américain. Dès lors, ils n'osent plus s'éloigner à plus de 1.5Km de Fort George, qu'ils finiront par abandonner en décembre. 

L'invasion du Canada par les Américains est terminée. 

Raid sur le Fort Schlosser (5 juillet)

Un petit détachement britannique mené par le colonel Thomas Clark parvient à s'emparer d'équipement militaire.

Raid à Black Rock (11 juillet)

Le lieutenant-colonel C. Bisshopp et 250 hommes traversent le Niagara pour un raid de nuit. Les baraquement américians sont incendiés et de l'équipement pillé. L'escarmouche qui s'en suit cause la perte d'une cinquantaine d'hommes.

Goose Creek (18-20 juillet)

Les corsaires américains s'emparent d'un convoi britannique près de Rockport et redirigent les prisonniers et les biens capturés vers Sackets Harbor.

Sir James Yeo envoie plusieurs détachements pour tenter de reprendre la marchandise mais s'enlise à Goose Creek. Les hommes débarquent pour engager les Américains. L'escarmouche qui en résulte voit les Britanniques se replier, sans succès.

Deuxième siège de Fort Meigs (20-28 juillet)

A compter du 20 juillet, les Britanniques tentent une nouvelle fois de s'emparer de Fort Meigs, mais lde toute évidence le coeur n'y est pas. De vagues escarmouches parsèment la semaine de siège. Le 26, les Indiens alliés aux Britanniques tentent de faire croire qu'une colonne de secours est attaquée pour attirer la garnison hors du fort, sans succès. Deux jours plus tard, le siège est abandonné.

Raid à Plattsburg, N.Y. (29 juillet)

Un millier d'hommes, menés par le colonel John Murray, attaquent Plattsburg sans rencontrer de résistance et mettent la ville à sac. Ils détruisent pluseurs entrepôts,  l'arsenal, l'armurerie, l'hôpital et les cantonnements de Fredenburgh Falls. Trois navirent pénètrent dans la baie de Burlington mais les tirs de batterie américains sont si violents qu'ils préfèrent faire demi-tour. Les Britanniques contrôlent désormais le lac Champlain.

Bataille de Fort Stephenson, Ohio (2 août)

Après l'échec du siège de Fort Meigs, Procter et ses 1400 hommes tentent de capturer une base de ravitaillement américaine sur la rivière Sandusky, gardée par le Fort Stephenson. Ce dernier est défendu par le major George Croghan et 160 réguliers du 17th d'Infanterie. William Henry Harrison, le commandant de la frontière du Nord-Ouest, s'attend à une grande attaque britannique et ordonne à Croghan de détruire le fort et de se retirer. Persuadé de pouvoir tenir, Croghan parvient à le convaincre de maintenir la garnison. Harrison fait néanmoins reculer toutes les forces disponibles à 16km de là.

S'attendant de son côté à l'intervention d'Harrison, Procter n'entend pas mener un siège similaire à celui de Fort Meigs. L'artillerie britannique se met à bombarder le fort, mais sans grands résultats. Le 2 août, Procter ordonne un assaut de l'infanterie. Croghan demande à ses hommes de retenir leur feu jusqu'à ce que l'ennemi soit à courte portée. A cet instant, toutes les armes légères et l'artillerie du fort se déchaînent, brisant net l'assaut. Procter retente la manoeuvre plusieurs fois, sans plus de succès. Manquant d'échelles d'assaut, il comprend qu'il a perdu la partie et se retire. Il a perdu une centaine d'hommes, les Américains seulement 8.

Les officiers généraux sont les grands perdants de cette bataille : Procter a montré qu'il manquait d'allant et Harrison de compassion. Seul Croghan gagnera quelque chose de cette histoire en se voyant promu lieutenant-colonel.

Pertes navales sur l'Ontario (8-10 août)

En 3 jours les Américains jouent de malchance : Le 8 août les USS Hamilton et Scourge sont pris dans un grain et coulent. Deux jours plus tard, en remontant la rivière Richelieu à la poursuite de l'ennemi, les USS Growler et Eagle n'ont soudain plus assez de vent pour manoeuvrer et sont pris en tenaille. Après plusieurs heures d'un combat furieux, le Growler est démâté et s'échoue et l'Eagle est coulé.

Bataille de St Michaels, Maryland (10 août)

Après son échec à Craney Island, la flotte de l'amiral Cockburn remonte la baie de Chesapeake. Le chantier naval de St Michaels lui apparaît être une cible tentante. Alors que les Britanniques approchent, le Derry Benson fait appel à la milice du comté de Talbot. Peu après minuit le 10 août, les miliciens de la batterie de défense du port repèrent la force de débarquement ennemie. Dès que cette dernière ouvre le feu, les miliciens s'enfuient. Les Britanniques s'avancent vers la ville où Benson a mis en place une seconde batterie qui les tient à distance. Finalement ils retraitent en bon ordre, non sans avoir saboté la batterie du port. Les Britanniques ont subi 29 pertes, les Américains aucune.

USS Argus vs HMS Pelican (14 août)

Après un parcours des plus profitable dans la Manche où il a pris ou coulé 20 navires, l'USS Argus du lieutenant William H. Allen repère le HMS Pelican du capitaine John F. Maples. A 6h00 les 2 navires sont en position de combat et ouvrent le feu. A 6h04, Allen a la jambe arrachée par un boulet. Il mourra de la perte de sang. En quelques minutes le Pelican réduit la mâture de son adversaire en miettes. A 6h14 une brillante manoeuvre permet à l'Argus de labourer le pont ennemi, sans grand dommage, les canonniers ayant manqué leurs cibles. A 6h18 le Pelican fait une manoeuvre similaire qui elle cause de gros dommages. L'Argus est désormais ingouvernable mais continue le combat. A 6h45, alors que l'équipage du Pelican s'apprête à l'abordage, l'Argus met bas ses couleurs. 

USS Enterprise vs HMS Boxer (5 septembre)

Le 5 septembre, à 15h15, les 2 navires (US: Lt Burrows/GB: Cpt Blyth) ouvrent chacun le feu. Très rapidement, les 2 officiers commandants sont mis hors de combat. Blyth est tué, Burrows grièvement blessé. Il ordonne malgré tout à son équipage de n'abaisser le pavillon en aucun cas. A 15h30 le pont du Boxer est labouré par les boulets. A 15h35 il démâte. Les Britanniques se battent avec courage. A 15h45, ingouvernable, le Boxer abandonne le combat.

Bataille navale du Lac Erie (10-12 septembre)

Au cours du mois de julillet le commandant Robert Heriot Barclay tente de faire barrage à la base navale de Presqu'île (aujourd'hui Erie, Pennsylvanie). Il estime que la garnison est composée de 2000 miliciens, plusieurs batteries et redoutes. Il demande des renforts à Sir James Yeo mais n'en obtient que peu. De son côté, Procter néglige d'attaquer la base par la voie terrestre et préfère s'enliser à Fort Stephenson. Le mauvais temps et le manque de ravitaillement l'oblige à se retirer le 29 juillet. Oliver Hazard Perry en profite pour compléter sa flotte. Il contrôle désormais le lac. Toutes les troupes britanniques et leurs alliés Indiens de la région ne peuvent plus être ravitaillés et Barclay doit se résoudre à affronter Perry malgré son infériorité numérique (9 contre 6).

Les adversaires se rencontrent à Put-In Bay le 10 septembre. L'affrontement est violent et perdu par les Britanniques. Chaque partie a perdu une centaine d'hommes. Ont été engagés les USS Scorpin, Ariel, Lawrence, Caledonia, Niagara, Somers, Porcupine, Tigress, Trippe contre les HMS Chippeway, Detroit, Hunter, Queen Charlotte, Lady Prevost, Little Belt.

 Les Américains garderont le contrôle du lac jusqu'à la fin de la guerre ce qui contribuera à leurs succès autour de la péninsule du Niagara l'année suivante tout en levant la menace d'une attaque ennemie dans le Michigan, l'Ohio, la Pennsylvannie et l'ouest de l'Etat de New York. 

Proctor décide alors d'évacuer Detroit, pour se retirer complètement de la région, en raison du manque de ravitaillement. Le 27 septembre1813, il commence à se replier, accompagné de Tecumseh et de ses guerriers. Ils quittent le Fort Malden en direction de la Thames River.

Odelltown (20 septembre)

Les forces américaines (5000 hommes) du major général Wade Hampton franchissent la frontière du Bas-Canada et affrontent la milice locale à Odelltown. Plusieurs engagements mineurs ont lieu. Hampton décide de ne pas poursuivre son avance et se tourne vers la rivière Chateauguay avec pour objectif Montreal. 

La "course" de Burlington (28 septembre)

Le 26 septembre après-midi, Sir James Yeo quitte Burlington Bay avec l'escadre britannique. Le lendemain, les Américains quittent eux aussi leur base. Les 2 escadres se rencontrent le lendemain. Les Britanniques sont en infériorité numérique (6 contre 10). Vers midi, les adversaires ont formé leur ligne de combat et l'engagement commence. Après un affrontement furieux, Yeo décide de retraiter vers Burlington Bay, d'où les batteries situées sur les hauteurs pourront harceler la flotte de Chauncey. Une incroyable course-poursuite s'engage lors de laquelle Yeo se révèle ses brillantes qualités de marin parvient à se réfugier dans la baie. L'engagement prend le nom de "course de Brulington".

Bataille de la Thames (Moraviantown) (5 octobre)

Après la victoire sur le lac Erie le mois précédent, Procter s'est vu contraint de se replier, faute de ravitaillement. Le 27 septembre il quitte Fort Malden, contre l'avis de Tecumseh. Le général Harrison est désormais à ses trousses. Tecumseh insiste auprès de Procter pour qu'il livre bataille, ce qu'il se résoud à faire à Moraviantown, craignant une mutinerie. 

Harrison à 3500 hommes à sa disposition : 2 brigades d'infanterie (généraux Duncan Mc Arthur et Lewis Cass), la cavalerie du Kentucky (colonel Richard Mentor Johnson) et 5 brigades de la milice du Kentucky (Isaac Shelby). Beaucoup des volontaires sont de la région de la rivière Raisin où les Indiens ont massacrés des prisonniers fin janvier. Face à lui, Procter n'aligne que 1300 hommes, 800 réguliers et 500 Indiens. Les réguliers sont démoralisés, leurs rations ont été diminuées de moitié. 

Le 4 octobre les Indiens accrochent les Américians près de Chatham afin de freiner leur avance. Ils sont rapidement débordés et doivent battre en retraite. 

Le 5 octobre, Procter forme sa ligne à Moraviantown et projette de piéger Harrison le long des berges de la Thames en leur faisant quitter la route grâce à son artillerie. Les Indiens se positionnent dans les marais situés sur le flanc droit des Britanniques. Les Américains s'élancent frontalement sur la ligne britannique, menés par James Johnson (frère de Richard). Malgré les tirs de flanc en provenance des marais, ils parviennent  à percer. Les canons ennemis n'ont pas tiré. Immédiatement, les hommes de Procter s'enfuirent en direction de Burlington, de nombreux soldats se rendant sans combat. Seuls les Indiens demeurent sur le champ de bataille. Richard Johnson et 20 cavaliers se lancent à la charge. Les pertes ont terribles ( 75%, Johnson est touché 5 fois) mais Tecumseh est tué lors de l'affrontement. 

La mort de leur chef et l'arrivée des renforts américains provoquent la débandade parmi les rangs indiens qui s'enfuient en laissant 33 des leurs sur le terrain. Les Britanniques ont 12 tués, 35 blessés et 442 prisonniers. Les Américains ont perdu 15 tués et 30 blessés.

Cette victoire permet aux Américains de récupérer le contrôle de la frontière du Nord-Ouest jusqu'à la fin du conflit. Cependant Harrison n'exploite pas son succès et se retire vers Detroit après avoir rasé Moraviantown. 

Procter passa en cour martiale et se vit retiré de son commandement. Quant à l'alliance indienne, la mort de Tecumseh l'a définitivement brisée. Peu après les tribus Delaware, Miami, Ojibwa (ou Chippewa) et Wyandot firent la paix avec les Américains et furent déplacées au-delà du Missipippi.

Bataille de Chateauguay (26 octobre)

Courant octobre le général de division Wade Hampton et son armée se mettent en marche depuis le lac Champlain et descendent le long de la rivière Châteauguay pour se diriger vers le Saint-Laurent. Cette manœuvre doit servir à prendre Montreal en tenaille, l'autre pince étant constituée de la division du brigadier-général James Wilkinson. Depuis quelques temps déjà, le commandant du district de Montreal, le major-général Louis de Watteville a fait appeler la milice. A la tête des voltigeurs canadiens, de plusieurs unités de la Select Embodied Militia et de quelques unités locales, le lieutenant-colonel Charles de Salaberry organise au mieux ses défenses. Il possède en outre de nombreux informateurs parmi les fermiers et se trouve parfaitement renseigné quant aux mouvements et aux troupes d'Hampton. Ce dernier par contre ignore à peu près tout des troupes de Salaberry.

Le 25 octobre, près de Spear’s Farm, Hampton voit sa route bloquée par des abattis, un enchevêtrement de troncs d’arbres, défendus par la compagnie légère des Canadian fencibles, 2 compagnies de voltigeurs, une unité d'élite de la milice et une vingtaine de guerriers Mohawks. Pour défendre un gué situé à 1.5km en arrière, Salaberry a posté les compagnies légères des 2e et 3e bataillons de la Select Embodied Militia et une unité locale. Le reste des troupes est échelonné en réserve le long de la rivière, sous le commandement du lieutenant-colonel George McDonnell. Au total moins de 600 Canadiens et alliés doivent faire face à 2000 Américains.

Hampton juge les abattis trop fortement défendus pour les attaquer de front. Il se trompe grossièrement en estimant que les Canadiens sont bien plus nombreux que lui. Mais il connaît l'existence du gué et envoie une brigade (1000 hommes) sous les ordres du colonel Robert Purdy faire un large détour pour le traverser pour prendre les Canadiens à revers. Le général George Izard sera chargé de l'attaque de front avec une autre brigade tandis qu'un autre millier d'hommes demeurent à l'arrière, en charge de la surveillance du Train et de l'artillerie.

Purdy et ses hommes passent une nuit épouvantable à traverser des marais sous une pluie battante. A l'aube du 26, il tombe sur les troupes chargées de la défense du gué. Le capitaine Daly, à la tête de la compagnie légère du 3e Select lance immédiatement l'assaut pendant que les autres Canadiens tirent par delà la rivière. En entendant les coups de feu, Izard déploie ses troupes. Il fait tirer salve sur salve mais sans grand effet. Les Canadian Fencibles sont pris de flanc sur leur droite mais immédiatement plusieurs compagnies de réserve arrivent à la rescousse à grand renfort de sonneries de clairons, hurlements et cris de guerre indiens donnant aux Américains l'illusion du nombre. Hampton n'a pas donné l'ordre à l'artillerie de se mettre en batterie pour détruire les abattis. Découagés, Izard se replie, suivi de Purdy après une nouvelle nuit infernale. Salaberry n'engage pas la poursuite. Les Canadiens ont 2 tués, 15 blessés, 3 prisonniers. Les Américains ont 23 tués, 33 blessés, 29 portés disparus. 

Hampton s'en retourne à Four Corner et tient un conseil de guerre. Il y est unanimement conclu que la poursuite de l'avance n'a aucune chance de succès. Ses hommes sont peu entraînés et mal équipés. De plus, les pluis d'automne transforment les routes en bourbier et Hampton risque de manquer de ravitaillement. Et il ne supporte pas Wilkinson. Il envoie un officier avertir ce dernier qu'il repart à Plattsburgh.

De Salaberry se plaignit amèrement du fait que sir George Prevost et le général de Watteville, qui n’approchèrent jamais du feu de l’action, s’attribuèrent la plus grande partie du mérite de la victoire.

Bataille de Crysler's Farm (11 novembre)

À Crysler Farm, dans l'une des batailles les plus décisives, les 800 Britanniques de William Mulcaster et Joseph Wanton Morrison remportent une victoire fulgurante sur les envahisseurs américains, qui tentaient de s'emparer de Montréal. Les forces américaines (2500 hommes) commandées par le général James Wilkinson et John Parker Boyd sont repoussées, laissant 102 tués, 237 blessés et plus de 100 prisonniers. Le lendemain, Wilkinson abandonne le projet d'invasion du Haut-Canada et les troupes américaines repassent la frontière.

Destruction de Newark (10 décembre)

Depuis la défaite de Beaver Dams 6 mois plus tôt, les Américains (60 réguliers, 40 volontaires et 100 Canadiens), sous les ordres du brigadier-général George McClure, sont retranchés à Fort George qu'ils n'osent quasiment plus quitter.

Le lieutenant-général Gordon Drummond vient d'être nommé lieutenant-gouverneur du Haut-Canada en lieu et place de Francis de Rottenburg. Il annule les ordres de ce dernier (retraite et concentration des forces) et ordonne aux forces regroupées à Burlington de se mettre en marche.

Le 10 décembre, McClure apprend la nouvelle et en conclut que sa position est désormais intenable. Il part avec armes et bagages, brûlant jusqu'au sol la ville de Newark et une partie de celle de Queenston.

Cette option avait été entérinée par le secrétaire d'Etat à la guerre John Armstrong en début d'année en cas d'avance des troupes britanniques pour les empêcher de trouver couvert à proximité du fort. Les habitants devaient cependant être prévenus à l'avance et ne pas être laissée dans le besoin. Cependant, probablement influencé par l'ex-loyaliste canadien Joseph Willcocks, McClure entreprend la destruction de la ville sur le champ, et en plein mois de décembre. Contraire aux conventions de la guerre de l'époque, cette action justifiera aux yeux des Britanniques les représailles qu'ils exerceront par la suite.

Capture de Fort Niagara par les Britanniques (19 décembre)

Suite au départ de McClure, Fort Niagara  est désormais vulnérable à une attaque britanique. Ses défenseurs sont composés d'une compagnie du 1er d'artillerie et d'une du 24e d'infanterie et quelques hommes, convalescents pourla plupart. Son commandant est le capitaine Nathanel Leonard. Bien que partie intégrante du système de défence de la milice de New York du général George Amos Hall, aucun milicien n'est présent pour aider à la défense de la position. 

Les Brittaniques quittent Burlington en bateau jusqu'à Four Mile Creek. Là, guidés par la milice canadienne, ils partent à pied vers Fort Niagara. Dans la nuit du 18 décembre, la compagnie de grenadiers du 100e RI, la compagnie de granadiers du 1/Royal Scots, 2 compagnies du 41e RI et de petits détachements ce miliciens traversent la rivière 5km en amont du fort. La force totalise 562 hommes, commandés par le lieutenat-colonel John Murray (100e RI). Les Britanniques capturent sans coup férir un avant-poste, les sentinelles ayant préféré rester auprès du feu. Ils apprennent ainsi le mot de passe en vigueur. A l'approche du fort, une section s'approche de l'enceinte extérieure qu'elle franchit en donnant le bon mot de passe. Elle fait de même pour l'enceinte intérieure. A cet instant, l'alerte est donnée mais il est déjà trop tard et le reste de la troupe charge la position. Les défenseurs se retranchent  dans la redoute sud d'où ils repoussent plusieurs assauts. Après qu'ils aient refusé une proposition de reddition, Murray déclare qu'il ne sera fait aucun quartier. Après avoir forcé la redoute, les soldats se déchaînent sur les Américains. 

Ces derniers ont subi 65 tués, 14 blessés, 340 prisonniers (il semble que des miliciens non affectés à la garnison y aient couché pour la nuit et que d'autres aient été capturés un peu plus tard). Les Britanniques ont eu 6 tués et 5 blessés.

Un détachement composé du reste des Royal Scots et du 41e RI, sous les ordres du major-général Phineas Riall, traverse à son tour le fleuve et détruit systématiquement tous les villages qu'il rencontre, ainsi que Fort Schlosser, en représailles à la destruction de Newark. Quelques fermiers américains seront même scalpés par des Indiens accompagnant Riall. Cette furie prend fin lorsque que les miliciens locaux parviennent à détruire le pont de Tonawanda Creek. A la fin du mois Riall traverse de nouveau le fleuve plus en amont et brûle Buffalo et Black Rock. Là, ils trouvent 4 navires de guerre qu'il fait détruire.

Fort Niagara restera aux mains des Britanniques jusqu'à la fin de la guerre.

Capture du USS Vixen II par le HMS Belvidera (25 décembre)

BILAN :

Une année en demi-teinte pour les Américains : Au Nord-Ouest, le bilan est plutôt bon : Fort Meigs a tenu bon et la campagne de l'Ohio s'est terminée en défaite pour les Britanniques. Oliver Hazard Perry a pris le contrôle du lac Erié. La seconde invasion américaine a culminé à la bataille de la Thames où la mort de Tecumseh a définitivement brisé l'alliance indienne. Ils contrôlent désormais Detroit et Amherstburg.
A la frontière du Niagara la prise de York n'a stratégiquement que peu d'intérêt, la ligne de ravitaillement britannique n'est pas coupée et les Américians ne parviennent pas à prendre le contrôle du lac Ontario. Fort George est pris pour être abandonné quelques mois plus tard.  Stoney Creek et Beaver Dams sont quant à elles 2 cuisantes défaites. 
Au Bas-Canada, ce n'est guère mieux : Ogdensburg tourne à la déculottée et la campagne du St-Laurent s'achève sans avoir vraiment commencé après les défaites de Chateauguay et de Crysler's Farm.
Plus au Sud, sur la côte atlantique, la flotte de l'amiral britannique Cockburn tente de maintenir le blocus mais ne parvient pas à une réelle victoire décisive.

Retour





































































































































































































































1814

Capture des HMS Lovely Ann et Pictou par le USS Constitution (14 février)

Bataille de Long Woods (4 mars)

Le lieutenant-colonel Butler, en charge des forces américaines à Detroit ordonne au capitaine Andrew Holmes d'emmener une troupe au Haut-Canada et de capturer au choix un avant-poste britannique de la zone, Port Talbot ou Delaware.

Holmes part avec 180 hommes, des éléments du 24e Tennessee, 26e Vermont, 27e New York, 28e Kentucky, les Rangers du Michigan et les dDragons de la milice du Michigan.

Longwoods était une zone fortement boisée qui s'étendait entre Delaware et l'actuelle Thamesville. Le 3 mars, les Western Rangers britanniques rencontrent les Américains à 24km de Delaware. Après une brève escarmouche, les Britanniques se retirent et attendent des renforts. Les Américains quant à eux se retirent à Twenty Mile Creek et se retranchent au sommet d'une colline.

Les Britanniques, renforcés, arrivent le lendemain à 17h00. Ils totalisent 300 hommes (compagnies légères du Royal Scots et du 89e RI, un détachement de la milice du Kent, une compagnie de Rangers et une quarantaine d'Indiens), sous les ordres du captaine James Lewis Basden.

Basden ordonne au capitaine Caldwell de la milice du Kent de prendre de flanc les Américains par le Nord pendant que les Indiens tentent la même manoeuvre par le Sud. Basden mène l'assaut frontal. Les Américains déclenchent alors un feu d'enfer qui cause 67 pertes aux assaillants (dont 14 tués). Basden lui-même y perd un genou. De leur côté, les défenseurs n'ont subi que des pertes légères : 4 tués, 3 blessés.

Après une heure de combat intense les Britanniques se retirent à Delaware. Comprenant qu'il n'a pas les moyens de s'emparer de l'avant-poste, Holmes retourne avec ses hommes à Detroit.

HMS Phoebe & Cherub vs USS Essex & Essex Junior (28 mars)

Croisant dans les eaux du Pacifique depuis 1813, l'Essex (capitaine Porter) a capturé 12 baleiniers britanniques, l'un d'entre eux étant armé pou